Au cœur de la souffrance se trouve un portail vers l’infini

Au cœur de la souffrance se trouve un portail vers l'infini

« Au cœur même de la plus grande crise, de la peur la plus effroyable, se trouve un portail vers l’infini. Il est inébranlable, sacré et ouvert à ceux qui ont le courage ou le désespoir de tout abandonner pour la vérité… » Mooji

Nous traversons tous des expériences difficiles voire insupportables avec souvent l’impression de revivre, sous une forme différente, ce que nous connaissons déjà. Ces ressentis se présentent à nouveau pour être nettoyés et transmutés. Ce sont des occasions uniques qui nous invitent à nous déployer encore davantage et à grandir en conscience. Ces moments nous offrent l’opportunité de nous transformer véritablement. Aussi douloureux soient-ils, ils sont une promesse de changement profond et une véritable bénédiction divine. (Lire l’article « Conseils du Divin au sujet des émotions négatives »)

Ce qui souffre à l’intérieur de nous est notre petit « moi » qui se sent subitement dépossédé de ce qu’il avait minutieusement construit pour garantir sa sécurité. Notre égo est sans cesse en train d’élaborer des plans pour se mettre à l’abri car il se sent menacé en permanence.

C’est pour cette raison que nous nous accrochons à tout ce qui peut être perçu comme une sécurité. Alors nous nous identifions à notre corps, à notre personnalité, à notre argent, à nos rôles, à notre partenaire, à notre travail, à notre voiture etc… et lorsque quelque chose vient entraver le bon déroulement de ce que notre mental avait si bien planifié, nous nous sentons désemparés et perdus car cela ne correspond absolument pas à ce que nous avions prévu.

Voici une citation très éclairante du livre Un cours en miracles :

 « Rien de réel ne peut être menacé,
   Rien d’irréel n’existe.
   En cela réside la paix de Dieu. »

Ce que nous sommes en profondeur ne peut donc nous être retiré ni disparaître. Notre essence divine ne peut être affectée, ni mourir car elle existe pour toute éternité. Notre pure conscience n’est jamais menacée. Ce qui se retire et auquel nous résistons est irréel et illusoire.

Ce sont des parties de nous qui meurent car elles deviennent trop encombrantes et nous empêchent de poursuivre notre chemin vers la lumière.

Nous avions tellement cru que nous étions notre couple, nos enfants, notre entreprise, nos émotions, etc… que lorsque ces identifications se retirent, nous nous sentons totalement démunis et désemparés car nous y avions déposé toutes nos illusions. Nous avons donné tout notre pouvoir à l’extérieur et leur perte est insupportable.

« Le changement n’est jamais douloureux. Seule la résistance au changement est douloureuse. » Bouddha

Nous avons des idées préconçues sur la façon dont nous devrions vivre ou nous comporter, sur nos enfants, notre partenaire… Nous nous construisons des structures mentales très rigides qui, tôt ou tard, deviennent nos propres prisons.

Nous ne laissons pas la vie être ce qu’elle est, telle l’eau d’une rivière qui coule librement. Nous construisons des barrages intérieurs et nous n’en avons même pas conscience. C’est alors le début de la souffrance car c’est comme si nous essayions de faire entrer un rond dans un carré. Nous nous faisons violence car nous refusons de voir les choses simplement telles qu’elles sont. Nous nous obstinons à interférer dans les plans que Dieu a prévus pour nous. Pourquoi vouloir rivaliser, négocier ou marchander avec l’Intelligence infinie ? (Lire l’article « S’aligner sur l’ordre divin »)

Notre souffrance apparaît donc lorsque ce qui est, ne correspond pas avec l’idée que nous en avions. Nous voulons continuer à vivre sur des illusions, persister à croire que cela ne devrait pas être ainsi. Avons-nous seulement oublié qui nous sommes vraiment ? Nous sommes des êtres de lumière qui ne peuvent rester trop longtemps enfermés dans l’étroitesse de leur conception mentale car nous sommes la vie et la vie est en perpétuel mouvement. C’est une illusion de penser que nous pouvons barrer la route à l’eau de la rivière qui trouvera de toute façon un moyen de traverser le barrage. Nous sommes nos propres bourreaux mais c’est de cette façon aussi que nous apprenons. C’est ainsi que nous prenons conscience de nos rigidités, de nos inconsciences et de nos limitations.

Si j’ai écrit un texte sur la souffrance cette semaine, c’est parce que je viens de traverser un épisode très douloureux. En effet, une mémoire que je connais bien, s’est réactivée.

Nous avons souvent tendance alors à accuser la personne ou les circonstances extérieures qui semblent être la cause de nos maux. Nous nous positionnons en tant que victime et nous condamnons l’autre ou les autres alors qu’ils ne sont que les porteurs d’un message. Comment peut-on blâmer le facteur qui nous porte exactement le courrier dont on a besoin pour grandir ? N’avez-vous pas remarqué les nombreuses formes qu’empruntent les messagers tout au long de notre vie mais, qu’au fond, le message reste le même ? L’extérieur vient seulement mettre en lumière ce qui existe déjà à l’intérieur et qui a besoin de jaillir pour être libéré.

Alors il est nécessaire de prendre toute la responsabilité de ce que l’on ressent sans se culpabiliser.

Cet épisode m’a donné l’occasion de m’accompagner moi-même et de me positionner, non en tant que victime mais avec cette intention profonde d’être totalement présente à ce qui est sans essayer de fuir ni de combattre. J’ai vu l’égo à l’œuvre et ses supercheries pour essayer de s’en sortir. Il est tenace et déterminé à ne pas perdre la face.

J’ai observé, sans jugement, tous les stades que j’ai traversés : tristesse, peur, colère, sensation de vide, désir de marchander avec la réalité et peu à peu l’acceptation. Dans les premières heures, ce fut le choc. Mon cœur  battait très fort et des tensions sont apparues dans mon corps et notamment à l’épaule droite. Malgré le stress, je souhaitais vivre cela en toute conscience. Cela voulait dire ne pas me laisser totalement submerger par la vague de l’illusion mentale et en même temps coller à la vérité de mes cellules en essayant de ne pas déformer la réalité que je vivais dans mon corps. Et laisser remonter, les unes après les autres, toutes les couches émotionnelles. Essayer d’être pour moi-même un espace d’accueil illimité en ne forçant rien et en ne retenant rien.

J’ai allumé une bougie de la vierge Marie et j’ai beaucoup prié. Je ressentais un grand besoin de recueillement. Je ne souhaitais pas m’extraire de moi-même mais au contraire être pleinement là pour moi. J’ai refusé certaines sollicitations extérieures, non par masochisme, mais au contraire par amour pour moi car j’étais la seule capable de véritablement m’assister avec l’aide de Dieu. Alors je Lui ai offert toute ma souffrance. J’ai prié avec tout mon cœur et ma sincérité. Au milieu du désarroi, je L’ ai senti à l’intérieur ainsi qu’autour de moi. J’ai senti son étreinte et c’était exactement ce dont j’avais besoin. 

Quand on se sent complètement submergé et en insécurité, on se contracte et on cesse de respirer, comme si on était en apnée. Il est donc conseillé d’aller dehors, de marcher ou de courir pour s’oxygéner. Pour ma part, je ne suis pas sortie car j’avais besoin de rester pleinement présente à ce que je vivais. Je sentais aussi qu’il était bon d’essayer de créer un tout petit peu d’espace et d’envoyer de l’oxygène dans cette souffrance. Alors j’ai inspiré et expiré plusieurs fois profondément. J’ai aussi ressenti qu’il était nécessaire que je prenne un bain avec du gros sel (qui permet de se délester de ses énergies négatives).

Entrer dans l’eau chaude m’a instantanément détendue et je me suis laissé porter par la douceur de ce moment. Ma bougie était là près de moi, j’ai fait brûler de l’encens et j’ai tamisé la lumière.

Ensuite j’ai médité et j’ai essayé de contacter ma lumière intérieure. Cela a été difficile mais quelques effusions m’ont traversée et cela a été suffisant pour m’adoucir un peu. Dans ces moments-là, faire juste ce qu’on peut est suffisant.

La plupart du temps, nous refusons de ressentir notre souffrance. Nous souhaitons nous en débarrasser et la mettre à l’écart. Nous sommes effrayés par elle comme si elle était démoniaque. Pourtant, si au lieu de la fuir, nous essayions d’entrer en communion avec elle, tout pourrait être différent. (Lire l’article « Faire la paix avec ce qui est »)

« La souffrance est inévitable. Elle découle de l’accomplissement des plaisirs. Il ne faut pas chercher à lui échapper. C’est seulement quand j’entre en communion avec la souffrance que je la comprends. Plaisir et souffrance ne peuvent être séparés. »  Krishnamurti

Lorsque nous sommes en souffrance, nous avons parfois honte de ce que l’on ressent, nous avons l’impression que nous sommes anormaux, fous et que personne ne vit des choses aussi terribles. Alors on se sépare de l’univers et de nous-même. On se sent indigne d’exister et d’être aimé. Mais au fond, nous sommes tous semblables. Même si la forme de nos expériences diffère, nous traversons tous des moments très douloureux qui sont aussi les moments les plus fondateurs de notre vie.

« C’est bien d’être dans une phase de difficulté. Difficulté est un autre mot pour évolution. Même les êtres les plus évolués se retrouvent face à des épreuves de temps en temps. En fait la difficulté est un signe pour eux qu’ils sont en train de grandir. C’est l’indication de leur progrès réel et important. Celui qui ne vit pas d’épreuve est celui qui ne grandit pas. Donc si vous êtes en difficulté en ce moment, voyez cela comme un signe formidable, et célébrez votre épreuve. » Neale Donald Walsch

Il m’est apparu lors de cette expérience, que le plus important est ne pas s’abandonner soi-même. Rappelons-nous tout ce que nous avons déjà vécu et la force dont nous avons fait preuve pour reprendre sans cesse notre route. Souvenons-nous le nombre de fois où nous sommes tombés et qu’un soutien invisible nous a fait renaître de nos cendres. Devenons notre propre parent. Embrassons-nous et apportons-nous ce que l’on souhaiterait recevoir de l’extérieur. Puissions-nous créer un espace à l’intérieur pour grandir, évoluer au lieu de nous rétrécir. Pourquoi ne pas remercier ces moments de souffrance qui nous offrent une occasion unique de grandir ?

Nous nous sommes incarnés en tant qu’être humain pour avoir la chance d’expérimenter toute la palette des émotions. Alors n’ayons pas peur de crier, de pleurer, de rire, de souffrir, d’être en colère et de chanter ! Cela ne veut dire que l’on va projeter sans cesse nos émotions à l’extérieur mais simplement nous permettre de les laisser nous traverser comme l’eau dans la rivière.

La souffrance nous indique que nous sommes vivants et que la Vie, dans son infinie bonté, nous invite à nous déployer encore davantage. La souffrance nous montre que nous sommes en mouvement et en constante évolution. Nous sommes vivants et nous le serons toujours ! (Lire l’article « La vie est une fête »)

Nous sommes venus sur terre pour vivre quelque chose d’exceptionnel ! Et non pour nous méfier de chaque pas que nous faisons par peur de nous blesser, n’est-ce pas ? A quoi cela nous servirait-il de vivre dans du coton ? La souffrance ne nous pousse t’elle pas à nous dépasser ?  Nous sommes des êtres vivants avant tout !

Prenons notre souffrance dans nos bras et invitons-la à danser avec nous.
Elle est notre maître, elle est notre chance et la promesse d’un « portail vers l’infini ». (Mooji)

Alors, pour rien au monde je ne laisserais ma place ! Et vous ?

Copyright © 2017.
Sans mention de l’auteur ni de la source www.carolinefaget.fr  , l’utilisation de ce texte n’est pas autorisée.